M. Meyer Habib, député de la 8e circonscription des Français établis hors de France, intervient aux « Entretiens de la Fondation France-Israël »

24/09/2013

Nicole GUEDJ, ancien Ministre, président de la Fondation France-Israël, invitait le 17 septembre dernier, M. Meyer HABIB, élu en juin dernier député de la 8e circonscription des Français établis hors de France, à intervenir aux « Entretiens de la Fondation France-Israël ».

Cet événement, qui s’est tenu à l’Assemblée nationale et auquel ont assisté près de 60 personnes, était animé par Frédéric ENCEL, maître de conférences à Sciences Po Paris et chroniqueur sur France Inter.

En guise d’introduction, Nicole GUEDJ a félicité Meyer HABIB pour sa récente élection et pour son action de longue date en faveur des relations entre la France et Israël, et remercié pour leur présence M. Zvi TAL, ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Israël, ainsi que M. Tristan FABIANI-PRADEILLE, de la Direction Moyen-Orient au Ministère des affaires étrangères, où se tiendra, le 10 octobre prochain, le dîner de gala de la Fondation France-Israël, qui célébrera notamment le 65ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et Israël. Cet événement aura lieu sous la présidence et en présence de M. Laurent FABIUS, ministre des Affaires étrangères, dans les prestigieux salons du Quai d’Orsay.

Nicole GUEDJ a également saisi l’occasion de la nouvelle année juive pour formuler le souhait que, grâce aux actions de la Fondation France-Israël, en particulier, et de celles de nombreuses personnes présentes dans l’auditoire, la relation franco-israélienne soit encore plus amicale et plus prospère, rappelant que, du côté des autorités israéliennes, comme françaises, il y avait un seul mot d‘ordre : coopérer, participer, s’unir, s’allier. Nicole GUEDJ a poursuivi en soulignant l’importance d’augmenter plus encore le niveau des relations économiques entre la France et Israël, partageant ainsi le point de vue du nouvel ambassadeur de France en Israël, M. Patrick MAISONNAVE, qui a succédé cette année à M. Christophe BIGOT, et qu’elle a rencontré récemment. Dans cette optique, la Fondation France-Israël va poursuivre ses travaux de mémoire, de rapprochements culturels et scientifiques et approfondir surtout ses actions visant à faire se rencontrer encore davantage les entrepreneurs français et israéliens. 

La France et Israël : une communauté de valeurs

Elu député de la huitième circonscription des Français de l’étranger, qui comprend également l’Italie, la Turquie, Chypre, Malte, Saint Marin, la Grèce et le Vatican, mais dont Israël représente la moitié des électeurs, Meyer HABIB a insisté sur la communauté de valeurs qui unissent la France et Israël et que, pour cette raison, il n’y avait absolument aucune contradiction, à ses yeux, entre son amour du peuple juif et son attachement à la terre d’Israël et l’amour qu’il éprouvait pour les valeurs de la République. “Dans cette région du monde actuellement, a-t-il souligné, le seul îlot de démocratie, le seul îlot de droit de l’homme, le seul îlot de stabilité, le seul îlot de vivre ensemble entre arabes, juifs et chrétiens, c’est en Israël, ce minuscule pays”.

Jérusalem, capitale d’Israël

Choqué par le fait que, sur les lettres envoyées aux électeurs Français, le Consulat de France à Jérusalem barrait le mot “Israël” sur les adresses des résidents de la ville, Meyer HABIB, comme première action politique en tant que député, a alerté M. FABIUS, ministre des affaires étrangères, en soulignant que Jérusalem constituait la capitale officielle de l’Etat d’Israël

Intégrer Israël à l’Organisation Internationale de la Francophonie

Meyer Habib a rappelé que sa première question à l’Assemblée nationale était de demander à ce qu’Israël, qui comprend 700.000 francophones, puisse intégrer l’Organisation Internationale de la Francophonie, position particulièrement justifiée, selon lui, lorsque l’on considère que des pays comme le Quatar et le Vietnam, dont la part de francophone est bien moindre, en font partie.

La situation en Syrie : une question moral sur laquelle “il n’est pas possible de se taire”

Depuis 2007, comme l’a souligné Frédéric ENCEL, la droite, comme la gauche française, ont des positions globalement atlantistes et plutôt favorables à Israël. Ainsi, en est-il des positions françaises sur l’Iran et la Syrie. Concernant la Syrie, en particulier, la France a d’ailleurs été en pointe. Sur ce point, Meyer HABIB a écrit au Président de la République pour le féliciter d’avoir pris une position morale sur le dossier syrien, tout en rappelant à son auditoire que, sur cette question, si aucune solution idéale n’apparaissait envisageable, il n’était, en aucun cas, possible de rester silencieux. Et de s’étonner que les “indignés de la République”, si nombreux à s’émouvoir, lors de l’intervention israélienne en 2010 contre la flottille partie de Turquie, étaient étrangement absents, alors même que les victimes se comptaient en dizaines de milliers en Syrie.

Meyer HABIB a enfin de tenu à souligner le lien, à ses yeux, qu’il était indispensable de faire avec la situation iranienne. Ces deux pays ayant pour triste point commun d’être de ceux qui n’hésiteront pas à utiliser des armes non conventionnelles contre leur ennemis et contre leur peuple même.

Israël / Palestine : “laissons les parties négocier et accompagnons-les”

Sur la question palestinienne, Meyer HABIB a fait part de son sentiment que les Israéliens voulaient faire la paix depuis plus de 60 ans. “Israël, quel que soit son gouvernement, veut faire la paix”. Les Israéliens et les palestiniens doivent maintenant, a-t-il souligné, s’accorder sur les concessions réciproques qu’ils devront inévitablement faire. Dans ce cadre, la conduite à tenir pour la France est de laisser les parties négocier et de les accompagner, soulignant, qu’à ses yeux, les palestiniens avaient naturellement le droit à s’auto-déterminer.

“Dire que le père de tous les conflits est le conflit israélo-palestinien est une erreur et une faute. (...) Il n’y a aucun lien entre ce qui se passe dans la région et la résolution du problème palestinien” a enfin tenu à rappeler Meyer HABIB, en indiquant qu’il avait fait part de cette analyse et vision des choses à M. FABIUS.

Meyer HABIB a ensuite répondu aux questions posées par l’auditoire.